Votre premier bilan est déposé. Votre société est rentable, et c’est une bonne nouvelle.
Puis, la deuxième année, les échéances s’enchaînent : solde d’impôt sur les sociétés au printemps, acomptes en juin, septembre et décembre, première cotisation foncière des entreprises le 15 décembre et, pour un gérant non salarié, une régularisation Urssaf.
La deuxième année d’activité concentre, pour la première fois, le solde de l’impôt du premier exercice, les acomptes de l’exercice en cours et la première CFE : rien d’anormal, mais une trésorerie à préparer.
Ce que dit la règle
L’impôt sur les sociétés : un an sans acompte, puis tout en même temps
- Premier exercice : aucun acompte. Une société nouvelle est dispensée d’acomptes d’impôt sur les sociétés au cours de son premier exercice (article 1668 du code général des impôts ; BOFiP, BOI-IS-DECLA-20-30, version en vigueur depuis le 21 janvier 2026, § 1).
- Le solde du premier exercice. Pour un exercice clos le 31 décembre, il se paie au plus tard le 15 mai de l’année suivante, avec le relevé de solde (article 1668 du CGI).
- Le premier acompte qui suit la clôture, celui du 15 mars, n’est pas versé si le délai de déclaration du premier exercice n’est pas encore expiré. Il est régularisé avec le suivant : l’acompte du 15 juin est alors égal à la moitié de l’impôt du premier exercice (BOI-IS-DECLA-20-30, § 10).
- Les acomptes suivants, le 15 septembre et le 15 décembre, représentent chacun un quart de cet impôt. Le bénéfice de référence est ramené à douze mois si le premier exercice a duré moins ou plus longtemps (BOI-IS-DECLA-20-10, § 70 et § 100).
- Pas d’acompte si l’impôt de référence ne dépasse pas 3 000 € (BOI-IS-DECLA-20-10, § 360).
En pratique, la société paie la même année l’impôt de son premier exercice et des acomptes calculés sur ce même impôt.
La CFE : exonérée la première année, réduite la deuxième
- L’année de la création, l’entreprise est exonérée de cotisation foncière des entreprises, jusqu’au 31 décembre.
- L’année suivante, la base d’imposition est réduite de 50 %.
- L’avis n’est pas envoyé par courrier : il est disponible dans l’espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le paiement est dû au plus tard le 15 décembre.
- Une base minimum s’applique selon la commune. Elle rend la CFE due même avec un petit chiffre d’affaires, sauf exonération lorsque le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 €.
Source : entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F23547, vérifiée le 2 avril 2026.
L’Urssaf : la régularisation des débuts, pour les gérants non salariés
Gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL, entrepreneur individuel : les deux premières années, vos cotisations sont calculées sur une base forfaitaire, faute de revenu connu.
Elles sont ensuite recalculées après la déclaration de vos revenus réels. Si votre revenu dépasse la base forfaitaire, un complément est appelé sur les échéances suivantes (urssaf.fr).
Le président de SAS ou de SASU rémunéré n’est pas concerné : ses cotisations sont calculées chaque mois sur son salaire.
Ce que cela change pour vous
Exemple : un consultant en SASU
Société créée le 1er janvier 2025, premier exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, impôt sur les sociétés de 8 000 €. En 2026 : 8 000 € de solde le 15 mai, puis 4 000 € le 15 juin, 2 000 € le 15 septembre et 2 000 € le 15 décembre. Soit 16 000 € d’impôt sur les sociétés dans l’année, plus la première CFE le 15 décembre.
Exemple : une gérante d’EURL
Même calendrier pour l’impôt sur les sociétés, auquel s’ajoute la régularisation de ses cotisations de 2025 : le complément est appelé en 2026, après la déclaration de ses revenus.
Les acomptes ne sont pas un impôt supplémentaire : ils sont déduits du solde de l’exercice suivant. Mais ils se paient en avance, et c’est la trésorerie qui en souffre.
Si les acomptes déjà versés atteignent l’impôt prévisible de l’exercice, la société peut, sous sa responsabilité, ne pas verser les suivants (article 1668 du CGI). Mieux vaut le faire avec une estimation solide : une erreur entraîne une majoration.
Et si votre premier exercice a duré plus de douze mois ? Le calendrier se décale, mais la même succession d’échéances arrive à la fin de cet exercice.
Ces repères sont généraux et indicatifs. Chaque situation est unique : ils peuvent ne pas convenir à la vôtre, et doivent être validés avec un professionnel avant toute décision.
Ce que nous faisons pour nos clients dans cette situation
- Le calendrier de vos échéances, partagé dès le début de l’exercice : solde, acomptes, CFE, TVA et cotisations, avec leurs montants estimés.
- Les alertes, quelques semaines avant chaque échéance importante, pour que rien ne vous surprenne.
- Le prévisionnel de trésorerie, à la carte, pour savoir ce que la société peut verser, mettre de côté ou investir.
- L’estimation de l’impôt de l’exercice en cours, pour ajuster les acomptes quand c’est possible, en toute sécurité.
- Votre rémunération de dirigeant, revue chaque année avec vous : salaire, dividendes et effet sur vos cotisations.
- Un interlocuteur unique, votre expert-comptable, qui vous répond généralement sous deux jours ouvrés.
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Questions fréquentes
Une société nouvelle doit-elle payer des acomptes d’impôt sur les sociétés la première année ?
Non. Pendant son premier exercice, une société nouvellement créée est dispensée d’acomptes d’impôt sur les sociétés (article 1668 du CGI). Les acomptes commencent après la clôture du premier exercice, calculés sur l’impôt de cet exercice.
Pourquoi l’acompte d’IS du 15 juin est-il si élevé la deuxième année ?
Parce qu’il compte double. Quand le délai de déclaration du premier exercice n’est pas expiré au 15 mars, la société ne verse pas l’acompte de mars ; il est régularisé le 15 juin, qui représente alors la moitié de l’impôt du premier exercice (BOFiP, BOI-IS-DECLA-20-30, § 10).
À partir de quel montant d’impôt sur les sociétés faut-il payer des acomptes ?
Les acomptes sont dus lorsque l’impôt sur les sociétés de référence dépasse 3 000 €. En dessous, la société en est dispensée, sans formalité (BOFiP, BOI-IS-DECLA-20-10, § 360).
Pourquoi je paye la CFE cette année, alors que je n’ai rien payé l’an dernier ?
Parce que l’année de la création est exonérée de cotisation foncière des entreprises. La première CFE arrive donc l’année suivante, au plus tard le 15 décembre, sur une base réduite de moitié. L’avis se consulte dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Gérant d’EURL ou de SARL : pourquoi l’Urssaf me réclame-t-elle un complément la deuxième année ?
Parce que vos premières cotisations ont été calculées sur une base forfaitaire, faute de revenu connu. Après la déclaration de vos revenus réels, l’Urssaf les recalcule : si votre revenu dépasse cette base, un complément est appelé sur les échéances suivantes.
Comment préparer sa trésorerie pour la deuxième année d’activité ?
En estimant, dès la clôture du premier exercice, le solde d’impôt, les acomptes, la CFE et les cotisations à venir, puis en mettant de côté chaque mois la somme correspondante. Un calendrier des échéances et un prévisionnel de trésorerie évitent les mauvaises surprises.
Deuxième année d’activité : comment votre expert-comptable vous accompagne-t-il ?
Nous établissons vos comptes et vos déclarations, et vous partageons dès le début de l’exercice le calendrier de vos échéances, avec leurs montants estimés. Nous vous alertons avant chacune d’elles, revoyons votre rémunération et, si vous le souhaitez, suivons votre trésorerie. Obtenir mon RDV et devis gratuits
Deuxième année d’activité, déjà accompagné par un expert-comptable : comment nous rejoindre ?
Vous avez interrogé votre expert-comptable actuel, sans réponse ni solution ? Vous pouvez nous contacter : nous reprenons votre dossier pour la mission comptable et fiscale et, si vous le souhaitez, pour d’autres missions à la carte (paie et social, juridique…). Dans ce cas, vous envoyez une lettre de résiliation à votre cabinet actuel (nous vous en donnons un exemple à adapter), et nous organisons avec lui la reprise de votre dossier, dans le respect des règles de la profession. Changer d’expert-comptable en 3 étapes
Les prévisionnels, plans de trésorerie, tableaux de bord, simulations, études et analyses évoqués ci-dessus sont des missions complémentaires, à la carte. Chacune est chiffrée à l’avance au rythme que vous choisissez.